Encore un coma...

Publié le par ileauxnattes

Extrait 1 ...

 

 Le jeune commissaire, lui aussi adepte expérimenté de la plongée, demande discrètement s’il peut examiner l'équipement de la victime. Accompagné du directeur du club, il disparaît dans le local technique. Par réflexe, il s'intéresse à la bouteille, ouvre la vanne d'admission et renifle l'extrémité buccale. Une odeur curieuse s'échappe du flexible. Une moue et des simagrées intenses apparaissent sur son visage et, déjà, une intime conviction lui trotte dans la tête... Mais il garde le silence sur son constat et ses impressions et tente d’expliquer par une boutade sa grimace en prétextant une vaque odeur résiduelle d’algues ou d’oursins... 

  

Extrait 2...

 

L'arrivée du Dr ne se fait pas attendre plus de dix minutes, puisque son chauffeur est un pro de la conduite sur l'île. Juste le temps de descendre la côte de l'hôpital, de fendre la petite foule autour de la victime, de s'équiper de sa curieuse lampe frontale et le voici déjà penché sur le corps. Malgré quelques gestes importants et urgents de mise en sécurité, la pose d'une perfusion, notre Chinois n'ouvre toujours pas les yeux. Alors, le toubib, exaspéré par le bruit et les commentaires des spectateurs, se retourne et prie fermement tout le monde de disparaître ou de rentrer dans la discothèque. Pour ‘ma pomme’, elle, le cousin, lui donne l'autorisation de rester pour l'aider. Il se propose de transférer la victime à l'hôpital lorsque son téléphone portable se met à jouer la noble paimpolaise. Son visage alors me montre de l'étonnement, puis de la crainte et pourtant il ne dit mot... manifestement il est consterné par son correspondant et les informations qu'il reçoit le laissent bouche bée, lui le volubile... Il raccroche en m'envoyant un regard évasif d'incompréhension et me déclare :
 
- Bon, je reviens sur ma décision, nous l'emmenons, non pas à l'hôpital, mais chez moi où je vais m'en occuper cette nuit. C'est mieux pour tout le monde !  
 
- Mais pourquoi ? C’est le coup de fil qui te fait changer d'avis ?
 
 - Écoute Cousin, ce sont mes oignons... les murs ont des oreilles et surtout « la parole est d'argent, mais le silence est d'or... » Et ici, à Sainte-Marie, c'est encore plus vrai que partout ailleurs sur la planète ! 

..... suite

 

 

    Extrait 3

 

En pleine nuit, il est 1 heure, une vedette puissante vient de couper les gaz et accoste discrètement au ponton de l'hôtel voisin du Maningory. Ils sont huit hommes à bord. Sept jeunes Malgaches en descendent dont le chef du commando barbu avec écharpe rouge au cou. Un Européen moustachu aux cheveux gris reste à bord du bateau. Chaque membre du groupe est équipé d'une lampe frontale, éteinte pour le moment, pour avoir les mains libres sans doute. L'un d'eux, le balafré à la joue gauche se détache et part en direction d'un local technique très particulier et éloigné de l'hôtel. Les six autres compères vont se poster deux par  deux à proximité de trois cases bien précises. L'éclairage extérieur, même réduit à cette heure, leur permet encore de ne pas utiliser leur lampe en position veilleuse. Tranquillement et méthodiquement, ils enfilent leurs gants et cagoules....

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